AGRICULTURE SAUVAGE : LE CULTE DU "NON AGIR"...

D'où vient le BRF ? A quoi cela sert-il ?
Apparaît dans le mileu des années 70 au Quebec. Edgar Guay a l'idée d'utiliser en agriculture le déchet forestier. Il s'agit d'incorporer superficiellement les copeaux de bois avec du lisier sur les parcelles. Les indicateurs de fertilité grippent alors en flèche et les parcelles résistent à la sécheresse.

BRF est un acronyme pour Bois Raméaux Fragmentés, qui est une méthode naturelle d'origine canadienne de régénération et de remise en état des sols, par l'utilisation des rameaux verts d' essences feuillus, qui sont fragmentés, broyés puis épandus et incorporé aux premiers centimètres du sol.
Ils proviennent des parties de l'arbre, les branches, brindilles et feuilles riches en nutriments, sucres, protéines, celluloses et lignines qui ont tous un rôle précis et spécifique dans la constitution et le maintien des sols fertiles.

Le BRF est une accélération de processus pédogénétique en oeuvre dans la forêt, c' est une nourriture naturelle pour le sol, plus besoin d'arrosage, ni d'aucun apport d'azote supplémentaire, ni de recours aux biocides et autres produits chimiques néfastes. Les végétaux cultivés sont d'excellente qualité, se conservent plus longtemps, et sont naturellement hypers resistants.On placera les BRF dans une nouvelle catégorie celle des Aggradants, capables de contrer la dégradation.
Le BRF est en agriculture un des remèdes à la destruction et au gaspillage actuel qui doivent s'arrêter au plus vite.
( sources : lesjardinsdebrf.com )

Les techniques du BRF: que se passe t-il ?
L'utilisation direct du B.R.F., sans passer par le processus du compostage, permet une substantiel économie de moyens, en conséquence elle permet d'envisager la réhabilitation de sol, tant forestier qu'agricoles, sur une grande échelle. Deux techniques de base permettent cette économie de moyen : la technique du mulch qui consiste à laisser le B.R.F. se décomposer en surface et la technique de l'incorporation superficielle qui permet d'activer son intégration au sol mais nécessite le contrôle de différents paramètres. Le choix de la technique la plus adéquate dépend de la culture et des conditions climatiques. Le B.R.F. est considéré comme un amendement et un engrais susceptible d'amener au sol nutriments, structure et énergie, sa spécificité vient de son action sur la vie du sol, ce matériau semble en effet susciter un ensemble de chaînes trophiques complexes qui structurent le sol, gèrent les nutriments, limitent les pathogènes. Ce rôle pédogénétique peut aller jusqu'à la création d'un sol fertile au départ de cailloux (observé à la ferme de M. Carrier, Québec). L'origine biologique des mécanismes en cause lors de son intégration au sol implique une grande influence de la température, plus la température sera élevée plus les bénéfices de la méthode seront rapidement acquis… et perdus si le traitement n'est pas entretenu (nouvelle application). Les organismes impliqués forment une chaîne complexe dont il faut se garder de briser un maillon essentiel ; d'où une grande sensibilité de la méthode à l'utilisation de pesticides, herbicides et surtout de fongicides. La question de l'énergie est d'importance, le B.R.F. peut fournir de l'énergie chimique, du combustible à la vie du sol, et ce sous forme de noyaux benzéniques polymérisés (lignine), d'hémicellulose, de cellulose et de sucres. La lignine est très difficile à digérer : seuls certains organismes en sont capables (essentiellement des champignons, appelés pourritures blanches en raison de leur aspect), sa digestion nécessite une importante énergie d'activation. Ce "carburant" accessible à ou par eux seuls, donne à ces champignons un pouvoir structurant : Ils peuvent sécréter des antibiotiques qui limitent les populations bactériennes ; leur action rend la cellulose du B.R.F. accessible aux micro-organismes ; ils alimentent aussi de leurs mycéliums des micro-arthropodes dont les déjections nourrissent d'autres organismes. En somme, l'apport de B.R.F. permet une reconstruction durable de l'écosystème sol, autour d'une source d'énergie disponible dans le moyen terme. Un écosystème sol régulé et bénéfique remplace donc l'écosystème sol cataclysmique, susceptible de dégrader l'humus au lieu de le constituer. On peut aussi examiner le processus d'un point de vue biochimique : Les champignons responsables de la digestion du bois passent d'abord par un état dit de "métabolisme primaire" qui se caractérise par la construction de la machine biologique de digestion du bois. Durant cette phase le champignon synthétise ses protéines (= usines biochimiques + matériaux de construction). Or pour fabriquer des protéines il faut de l'azote et de l'énergie (exsudats racinaires). Durant cette phase, l'azote vient naturellement à manquer dans le sol, si cet effet n'est pas compensé ou intégré convenablement dans le cycle de culture il en résultera un effet très négatif sur les culture de la première année. La deuxième phase, appelée "métabolisme secondaire" se caractérise par la digestion de la lignine et de tous les constituants du bois. Cette phase est déclenchée par la pénurie d'azote accessible au champignon. Une fois enclenchée cette phase entraîne la libération contrôlée, au profit de la plante, de l'azote et d'autres nutriments. C'est à ce moment que l'on observe une augmentation spectaculaire des rendements de la culture. Seront aussi observés, l'accumulation durable de matières humiques stables, l'accroissement de la résistance à la sécheresse, la résistance à certaines maladies, l'amélioration qualitative des cultures.

1) Utiliser des branches de moins de 7 cm de diamètre
en provenance d'un milieu riche et diversifié si possible.
2) Se limiter à 20% de conifères au maximum.
3) Fragmenter et utiliser rapidement le broyat.
4) Épandre une couche de B.R.F. qui représente entre 50 et 250 m3/ha et, éventuellement une petite quantité de litière forestière (si sol agricole).
5) Si l'on se trouve en début de saison de culture, ajouter du lisier, du purin ou de l'azote minéral à concurrence de 2 kg de N/T de B.R.F..
6) Dans le cas d'une application agricole, mélanger la matière aux 5 - 15 premiers centimètres du sol.
7) Semer et ne plus perturber le sol.
(sources AGGRA.fr)

Consultez deux excellents sites sur le BRF :
Les jardins de BRF et
Un site spécialisé : AGGRA 



(à suivre) ...